Je n'ai pas choisi l'épaule. Elle s'est imposée à moi, au fil de deux rencontres qui ont tout changé.
À Paris d'abord, dans le service du Professeur Daniel Goutallier. C'est là que j'ai compris que l'épaule n'était pas une articulation comme les autres — la plus libre du corps humain, la plus complexe à comprendre, la plus exigeante à soigner. Ses travaux sur la coiffe des rotateurs restent une référence mondiale. Il m'a transmis l'exigence intellectuelle.
Puis Marseille. Et Jean-Pierre Franceschi.
Pendant plusieurs années, j'ai été son interne, son assistant, son compagnon de bloc. Certains gestes chirurgicaux étaient si fluides, si précis qu'ils ressemblaient à de la musique. Jean-Pierre était bassiste. Ce n'était peut-être pas un hasard.
Ce qui frappait chez lui n'était pas sa notoriété — pourtant immense, des vestiaires de l'OM aux salles d'opération internationales. C'était sa simplicité. Il avançait sans chercher à paraître, avec cette rare capacité à faire les choses sérieusement sans jamais se prendre au sérieux.
Au tournant des années 2000, il m'a proposé de développer à ses côtés la chirurgie de l'épaule. Cette confiance a orienté toute la suite.
Jean-Pierre Franceschi nous a quittés le 17 avril 2017. Brutalement, trop tôt. Il avait 64 ans et l'énergie de quelqu'un qui ne compte pas finir.
La photo ci-contre a été prise le jour de sa décoration de la Légion d'honneur. On rit tous les deux. C'est lui, exactement.
IMOTEpS porte quelque chose de cet héritage : une chirurgie précise, mesurée, au service du mouvement et de la qualité de vie. Pas une démonstration technique. Une réponse juste, adaptée à chaque patient. Et parfois — souvent — la décision de ne pas opérer.
C'est ce que Jean-Pierre m'a appris. C'est ce que j'essaie de transmettre à mon tour.